18 janvier 2009
Madagascar 2
Ayant envie d'un moment de détente, je me suis dit: pourquoi pas aller voir un bon petit film marrant sans prise de tête, et mon choix s'est porté sur Madagascar 2, n'ayant même pas vu le premier volet (oui, ça existe!).
Alors, peut-on aller voir ce film sans avoir vu les premières aventures de ces animaux sauvages qui ne le sont plus et tout comprendre? La réponse est oui! Les scénaristes ont prévu le coup apparemment et un petit résumé est proposé en guise d'ouverture. Sympathique pour recentrer les choses et rafraîchir la mémoire. Et pour moi, ça m'a permis de mieux connaître les personnages et leur histoire.
L'histoire prend donc place à la suite du premier épisode, où toute la clique s'est retrouvée coincée sur une île sauvage (pas à la Lost je vous rassure!). Alex le lion, Marty le zèbre, Gloria l'hippopotame et Melman la girafe décident qu'il est temps pour eux de retourner à New York, retrouver leur ancienne vie au sein du zoo. Malheureusement, le voyage ne se passe pas comme prévu, et nos amis, accompagné du roi Julien le lémurien et de Maurice, échouent dans la savane africaine. Coïncidence extraordinaire, il s'agit de l'endroit où vivent les parents d'Alex! Cependant, afin de faire partie de cette communauté, il doit prouver, à travers un combat, sa nature de lion dominant. Embêtant pour un lion qui n'a jamais combattu et dont la seule compétence est de danser...
Ce film remplit très bien son rôle de divertissement. On y trouve une alternance de scènes drôles (voire très drôles) et de moments plus tendres et émouvants, parfois un peu trop dégoulinants de bons sentiments. Personnellement, ces moments auraient pu être plus légers, la rupture était trop grande avec la comédie. Enfin, ce n'est pas non plus un immense soucis. Concernant les personnages, ils ont chacun leur "heure de gloire" et disposent tous de très bonnes scènes et de très bonnes répliques. Mention tout de même, et bizarrement, au personnage de la grand-mère increvable, tout simplement excellent! ("Quand on vit dans la grosse pomme, la jungle est un jardin de géraniums!")
Si on veut aller plus loin que le simple dessin animé, on pourrait même dire que ce film est un hymne à la différence et à la tolérance: le mariage entre un pingouin et une poupée (hum...^^), l'amour entre un hippopotame et une girafe, l'acceptation de la différence de personnalité entre le père et l'enfant (on assiste à une sorte de "Billy Elliott à la savane" lol!), toutes ces histoires peuvent en être la preuve. Ce film est donc beaucoup moins superficiel qu'il n'y paraît.
N'oublions pas bien sûr de parler de la qualité de l'animation (maintenant les films d'animation sont toujours très beaux) et de la beauté de certains décors, quasi photo-réalistes.
Bref, un très bon film, à deux niveaux de lecture, donc adapté à plusieurs types de publics (bon, les enfants sont tout de même visés en premier mais bon...^^). Le carton est tel qu'un 3e volet est d'ores et déjà prévu. I like to move it move it...
Ma note: 




26 mars 2008
Soyez sympa, rembobinez!
Il vous arrive sûrement de ne pas être du même avis que tout le monde ou, du moins, que la plupart de gens. Et bien, je suis dans cette situation avec ce film: alors que la critique est (presque) unanime sur sa qualité, je n'ai pas du tout (du tout) été emballé.
Mike (Mos Def) travaille avec Monsieur Fletcher (Danny Glover, L'Arme Fatale), propriétaire d'un petit vidéo-club de quartier, qu'il tente de sauvegarder face à la concurrence d'un plus grand établissement. Une nuit, Jerry (Jack Black, King Kong), un ami de Mike, se fait électrocuter et son cerveau devient alors magnétique. Par mégarde, il va effacer toutes les bandes vidéo du magasin. Afin de satisfaire les clients les plus fidèles, ils vont alors avoir l'idée de retourner tous les films avec leurs propres moyens.
En lisant cela, on se dit que ça pourrait donner quelque chose de sympa (tiens, comme dans le titre!), pas prise de tête, de quoi passer un bon moment. Et bien, pas vraiment! C'est l'une des seules fois où j'attendais qu'un film se termine le plus rapidement possible (et pourtant, il ne dure que 1h37!). Déjà, pour ce qui est censé être une comédie, je n'ai pas beaucoup ri, la plupart des gags se révélant être d'une lourdeur affligeante. Les films assez "cons" (un peu au ras des pâquerettes) ne me dérange pas mais là, on atteint parfois les sommets. Malgré tout, il y a quand même des trouvailles intéressantes, comme la scène du camouflage, excellente et ingénieuse. Mais elles sont trop rares malheureusement!
Concernant le concept des films retournés ("suédés"), il est beaucoup trop répétitif en milieu de film. Si on s'amuse devant la première réadaptation (de Ghostbusters, avec encore là des trouvailles géniales), le reste ne surprend plus et s'enchaîne inlassablement (Rocky, Le Roi Lion, Robocop (cf photo), Rush Hour, Miss Daisy et son chauffeur et j'en passe). Il n'y a que vers la fin, quand ils tournent le film sur la vie d'un jazzman ayant vécu dans le quartier, que le film reprend des couleurs et la fin, assez réussie, sauve quelque peu le tout.
L'histoire de fond du quartier qui se mobilise pour sauver son petit vidéo-club est également un bon point. Parce que derrière les multiples scènes creuses, il y a quand une tentative de faire quelque chose de plus profond. C'est globalement fait, mais cela aurait mérité d'être encore plus approfondi au lieu d'être relégué au second plan par les pitreries de nos héros.
Ce film pourrait s'apparenter à un one-man show de Jack Black, tant celui-ci monopolise l'écran! Il nous livre une très bonne performance dans le genre et son personnage complètement fou lui va comme un gant, il n'y a pas de doute. Les autres acteurs sont du coup légèrement éclipsés mais jouent également très bien. Un reproche cependant à Mos Def qui a du mal à articuler on dirait (j'ai vu le film en VOST), il mange les mots et n'ouvre pas assez la bouche (c'est un rappeur "dans la vraie vie" alors ceci explique peut-être cela lol!). A noter l'apparition de Sigourney Weaver (Alien), on se demande qu'est-ce qu'elle fait là dedans. Bref, une grande déception pour moi, et je n'ai pas du voir le même film que les critiques qui lui ont adressé leurs louanges. Pour moi, ce sera: "Soyez sympa, ne rembobinez pas... et terminez le plus vite possible!".
Ma note: 




26 février 2008
Bienvenue chez les Ch'tis
Voilà un film que j'attendais avec impatience! Dany Boon, représentant du Nord dans la France entière (à tort ou à raison, à vous de juger!) se devait un jour ou l'autre de faire un film sur sa région (et la mienne aussi). Alors, qu'en est-il, que vaut ce Bienvenue chez les Ch'tis? Attention, pour les gens du Nord: bonne dose d'auto-dérision requise!!
Philippe Abrams (Kad Merad, Qui a tué Pamela Rose?) est directeur de la Poste de Salon-de-Provence. Après une fraude dans sa demande de mutation (sur la Côte d'Azur, pour faire plaisir à sa femme Julie (Zoé Felix, La Beuze) dépressive), le voilà obligé de travailler à Bergues, dans le Nord. C'est pas vraiment la Côte d'Azur, il faut l'avouer! Partant avec pleins de préjugés, il va en réalité découvrir une région chaleureuse et accueillante et même se faire un ami en la personne d'Antoine (Dany Boon, Joyeux Noël), facteur et carillonneur. Mais, par peur d'aller à l'encontre des pensées de Julie et pour la ménager, il va s'enfoncer dans le mensonge, en prétendant qu'il vit un enfer.
Autant le dire tout de suite, le film ne vaut pas vraiment pour son scénario, assez basique et somme toute peu développé, mais pour ses (multiples) blagues et situations hilarantes. Il s'agit vraiment d'une bonne comédie, une vraie, celle qui fait rire, il suffit de voir les réactions des spectateurs dans la salle de cinéma pour s'en convaincre. Kad nous livre une très bonne performance et nous montre sa grande capacité d'apprentissage et d'adaptation (il doit parler "ch'ti" couramment maintenant!). La scène du restaurant est excellente! Dany Boon reste fidèle à l'image qu'il a pu montrer lors de ses différents one-man show donc ceux qui l'aiment continueront à l'apprécier et ceux qui le détestent le trouveront assez agaçant (il faut dire, comme à son habitude, qu'il force un peu beaucoup le trait). Line Renaud est étonnante en mère autoritaire et possessive. Jamais je ne l'avais vu parler sa "langue" natale et son jeu paraîtrait presque forcé, peu naturel mais je pense que c'est tout simplement du au fait qu'on n'a pas l'habitude de la voir dans des rôles tel que celui-là. Et la courte apparition de Michel Galabru, quand il fait sa description de la région et de sa langue (le "chetimi" lol) est mémorable.
Tous les clichés des gens du Nord y passent! C'est à la limite de la caricature (c'en est une en fait). Mais preuve que le film sait faire preuve d'auto-dérision, il y a une sorte de "parodie de la parodie". Il s'agit de la scène lorsque toute la bande accueille la femme de Julie à coup de bières, de cris, de réactions exhubérantes, lui fait visiter les corons où les ivrognes se font éjecter des cafés,... bref tout ce qui est possible et imaginable, tout ça pour la conforter dans son idée que le Nord, c'est pire que l'enfer! Plutôt bien vu et assez intelligent, voilà qui permet de remettre les choses à leur place et de briser pas mal de stéréotypes (et de fermer le clapet de certains...). Et au public nordiste de faire preuve d'un sens de l'humour développé également (ce qui semble être le cas) sinon, certains, très attachés à leur région, risquent d'être parfois vexés par certaines situations, mais franchement, il ne faut pas et relativiser en prenant le film comme pur divertissement!
Mais il n'y a pas que les préjugés qui sont montrés, il y a aussi toute la culture du Nord: la culture gastronomique, les beffrois, symboles de la région et la langue aussi (ce sera une sorte de cour pour tout ceux qui ne la parle pas, vous apprendrez de nombreuses expressions!). Et oui, la région a de bons côtés aussi! Sans oublier le dicton du film, qui le résume assez bien d'ailleurs: "Quin un étreinger arrive dein ch'Nord, y braie deux fois: quin y'arrive et quin y rpar!" ("Quand un étranger arrive dans le Nord, il pleure deux fois: quand il arrive et quand il repart"). Car finalement, l'image représentée du Nord est sympathique: des gens accueillants et amicaux et une bonne ambiance. L'honneur est sauf! ^_^
Bref, un très bon film, très drôle! Si vous êtes du Nord, prenez-le au 2nd degré (comme il est donc) et si vous êtes d'une autre région, allez le voir, mais ne croyez pas tout ce qu'on vous montre dedans, le trait est parfois très grossi! Le succès dans la région Nord-Pas-de-Calais est déjà énorme (le film devrait faire 500 000 entrées en une semaine, record historique!) et j'espère que le bouche-à-oreilles fera le reste pour les autres régions, forcément moins réceptives car moins concernées.
Ma note: 




27 janvier 2008
Chambre 1408
Grand adepte des romans de Stephen King, je ne rechigne jamais à voir l'adaptation d'une de ses oeuvres. En l'occurance il s'agit ici d'une de ses nouvelles: 1408, parue dans le recueil Tout est Fatal.
Mike Enslin est un auteur de romans d'épouvante, à base de fantômes et autres créatures surnaturelles, bien qu'il n'adhère aucunement à ce type de croyances. Un jour, il reçoit une carte postale intrigante provenant d'un hôtel situé à New York, lui indiquant de ne pas aller dans la chambre 1408. C'est la meilleure façon pour lui donner envie d'y faire un tour!
Arrivé à l'hôtel en question, l'hôtel Dolphin, il va se heurter au directeur des lieux qui refuse à tout client d'entrer dans cette chambre mais à force de persuasion, Mike obtient le clé de cette fameuse suite. Il ignore qu'il vient de pénétrer dans l'antichambre de l'Enfer...
Plutôt alléchant comme programme et typiquement "Stephen King-ien"! A défaut de faire véritablement peur (même si quelques scènes peuvent faire sursauter), il s'agit réellement d'un film d'ambiance. Une bonne partie de l'action se situe dans la chambre d'hôtel, renforçant le côté oppressant du film. C'est une sorte de huit-clos donc, entre d'un part Mike et d'autre part la chambre, qui semble être dotée de sa propre conscience et de sa propre intelligence. En effet, elle prend un malin plaisir à rendre dingue quiconque ose y entrer. Ainsi, elle puise dans les souvenirs de Mike (ceux de sa fille décédée plus particulièrement) pour lui faire complètement perdre la tête à travers hallucinations et autres vidéos projetées sur la télévision. Durant son séjour, on est confronté à un stress permanent, certes relatif, mais tout de même bien présent et le procédé classique des sons amplifiés (sonnerie de téléphone, clés, ...) l'augmente encore un peu plus. Film plus "psychologique" que graphique (dans le sens de gore) donc. La "fausse fin" est bien vue (lorsqu'il fait un bond dans le passé, comme s'il n'avait jamais visité l'hôtel). Heureusement d'ailleurs que le film ne se termine pas là car cette clôture aurait été bien décevante (avec la réaction typique du "tout ça pour ça?" qui l'accompagne).
On assiste à un déluge d'effets spéciaux, dont la remarquable scène où la chambre "s'auto-détruit" littéralement, assez impressionnante. Mais tous ces effets semblent "concentrés" dans le milieu du film, ils surviennent d'un coup (forcément quand Mike est dans la chambre) et continuent presque sans s'arrêter. C'est un peu le point culminant du film qu'on attend forcément. Mais finalement, il s'agit d'une succession "d'épreuves" pour l'écrivain, dont on se demande parfois le but (comme l'apparition de l'homme qui veut le tuer, je n'ai pas compris d'où il venait ou ce qu'il représentait). Néanmoins, ces effets restent très efficaces et parviennent sans mal à leur objectif: faire monter l'angoisse.
On peut dire que John Cusack (Dans la peau de John Malkovich) porte le film sur ses épaules. C'est le seul personnage à être présent dans toutes scènes et il nous livre une performance remarquable! On voit très bien l'état de détresse et de vulnérabilité de Mike devant ce déchaînement d'événements paranormaux. Dommage pour le reste du cast, en particulier Samuel L. Jackson (Pulp Fiction), qui, même s'il partage l'affiche en tant que personnage principal, n'a qu'un petit rôle finalement.
En clair, c'est un bon film d'ambiance mais qui ne fait pas peur, il faut le savoir! Si vous cherchez du sang et des massacres, passez votre chemin! Ici, on s'attarde plus sur l'aspect oppressant, confiné de l'espace dans lequel se trouve Mike et sur son état psychologique face à la remontée de souvenirs douloureux pour lui.
Ma note: 




23 janvier 2008
Enfin Veuve
Après le succès de son premier film Je vous trouve très beau, Isabelle Mergault était attendue au tournant avec sa deuxième réalisation. Ayant moi-même très apprécié ce premier essai en tant que réalisatrice, c'est avec une certaine impatience que je suis allé voir Enfin veuve.
Ce film, que l'on pourrait ranger dans le genre de la comédie romantique, tout comme Je vous trouve très beau, nous raconte l'histoire de Anne-Marie, une femme mariée à Gilbert, un homme qu'elle n'aime pas et qui sans cesse la rabaisse (les critiques fusent avec lui!). Malgré le confort matériel dont elle dispose (il est chirurgien esthétique), elle n'est pas heureuse avec cet homme. Mais, à côté de ce quotidien plutôt morne, elle entretient depuis deux ans une relation avec Léo, qui répare les bateaux. Un beau jour, Gilbert meurt, laissant à Anne-Marie la possibilité de vivre au grand jour son amour avec Léo, mais c'est sans compter l'arrivée de toute la famille, un rien collante, pour les funérailles. Difficile alors pour elle de faire semblant d'être triste tout en continuant sa relation extra-conjugale.
Autant le dire tout de suite la comparaison avec Je vous trouve très beau ne penche pas en faveur de Enfin veuve et c'est peut-être à cause de cette comparaison, plaçant la barre un peu trop haut, que l'on apprécie légèrement moins le film. Il reste quand même un très bon film, bien divertissant et frais mais j'en attendais un peu plus au niveau de l'humour, la situation se prêtant bien à une bonne dose d'humour noir, que nous ne retrouvons malheureusement que peu de fois. Tout cela est un peu trop gentil. On peut néanmoins retenir la scène excellente au cimetière, où Anne-Marie est littéralement morte de rire, ceux que les autres prennent pour des pleurs. Ces moments jouissifs sont hélas trop rares et il en ressort une comédie certes réussie mais à laquelle il manque le petit quelque chose, le petit plus qui fait la différence.
L'arrivée de la famille permet également nous faire sourire à plusieurs reprises, à défaut d'éclater de rire (peut-être une ou deux fois). On a une belle brochette de personnages bien collants et bien chieurs, en particulier le fils, avec ses faux airs de psychopathe (il faut voir quand il chante et qu'il a les yeux tout grands ouverts!), qu'on aurait bien envie de tarter de temps en temps! Je ne sais pas si c'est le but recherché, mais certains en deviennent énervants, limite insupportables (le fils en particulier donc). Reste que les comédiens sont formidables, en particulier Michèle Laroque (Pédale Douce), très à l'aise et qui passe avec facilité du rire aux larmes. Le rôle semble avoir été taillé sur mesure pour elle tant elle semble naturelle dans la peau de ce personnage.
J'ai trouvé la bande-son vieillotte, enfin faut aimer les vieux tubes quoi (Et si tu n'existais pas de Joe Dassin et Il mio refugio de Richard Cocciante) mais bizarrement, ça s'inscrivait bien, surtout pour la deuxième chanson, dans l'action. On ne nous épargne pas les violons lors des scènes plus émotionnelles, mais pas de quoi verser une larmichette non plus!
Bref, Enfin veuve souffre un peu de la comparaison avec Je vous trouve très beau, plus drôle dans ses scènes comiques et plus touchant. Là, on ne va pas assez loin dans l'humour grinçant (et pourtant il y en avait des opportunités!) et de plus, tout ça se met en place assez tard, après la mort du mari en fait, qui intervient tout de même après un certain dans le film (quoique certaines de ses réflexions envers sa femme peuvent à la longue faire sourire). Mais il n'est pas mauvais non plus, loin de là. C'est un très bon divertissement, pas prise de tête et tout de même drôle. Vous passerez un bon moment devant ce film, pour peu que vous n'en n'attendez pas trop non plus.
Ma note: 














